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Pour les employeurs et les équipes

Le Covid long et l’EM/SFC (encéphalomyélite myalgique / syndrome de fatigue chronique) peuvent fortement réduire l’énergie disponible pour travailler. Avec de la compréhension et de la marge de manœuvre, le travail reste possible pour certaines personnes.

Temps de lecture : environ 6 minutes

Illustration : une femme et sa collègue discutent d’un plan sur une tablette, à une table avec un ordinateur portable et un café.

Plus qu’une simple fatigue

Le Covid long et l’EM/SFC sont des maladies physiques qui peuvent toucher de nombreux systèmes du corps. Leur symptôme le plus connu est la fatigue, surtout dans l’EM/SFC. Mais ce n’est pas le seul : beaucoup ont aussi des difficultés de concentration et de mémoire.

La fatigue est un fort épuisement lié à la maladie. Le sommeil et les pauses n’apportent souvent pas assez de récupération. L’énergie et les symptômes varient, même d’un jour à l’autre. Ce n’est pas une question de volonté ou de motivation.

Chez certaines personnes, les symptômes s’aggravent après un effort, même après un travail intellectuel ou des conversations. Souvent, cela n’apparaît que des heures ou des jours plus tard. On appelle ça le MPE (malaise post-effort). Dans l’EM/SFC, le MPE est le symptôme principal.

Avec le MPE, se forcer est dangereux, y compris au travail. Cela peut provoquer une rechute ou aggraver durablement l’état de santé. La maladie peut alors devenir chronique et plus grave. Il faut donc de la marge de manœuvre et une reprise sans pression.

Sources : OMS : fiche d’information sur le Covid long, 2025, Déclaration de consensus D-A-CH sur l’EM/SFC, 2024

Ce que vivent les malades au travail

Certaines personnes se heurtent à la méfiance, parce qu’elles sont souvent absentes mais ont l’air en bonne santé. Certaines perdent leur emploi, par exemple après de longues absences ou pendant un essai de reprise du travail. D’autres doivent réduire leur taux d’activité.

Beaucoup souhaitent une hiérarchie qui les croit, qui les soutient et qui leur laisse du temps.

« Dans une telle situation, on aurait besoin de soutien, pas d’un licenciement. »

Infirmière, canton de BerneSRF News, 2021 (traduction)

Sources : Sondage de Long Covid Suisse, 2022, Étude suisse sur l’EM/SFC, 2024, Beobachter, 2022, Südostschweiz, 2021

Ce qui soulage au travail

Certaines personnes cachent leur maladie par peur d’être désavantagées. Demande donc en toute confidentialité ce qui aide. La personne connaît ses limites mieux que quiconque.

  • Des horaires souples et du télétravail, quand c’est possible
  • Un taux d’activité réduit, adapté à l’énergie disponible
  • Des pauses, sans devoir se justifier
  • Un endroit calme pour travailler et se reposer
  • Donner les tâches par écrit et prévoir moins de réunions

Une reprise sans pression

Planifie la reprise avec la personne, sans calendrier fixe. N’augmente le taux d’activité qu’après une phase stable. Si les symptômes augmentent, réduis-le à nouveau.

Freine les attentes trop élevées, y compris celles de la personne elle-même. Certaines personnes minimisent leurs symptômes et reprennent trop tôt. Avec le MPE, cela peut aggraver l’état de santé, même durablement.

D’autres conseils figurent dans le guide « Zurück zur Arbeit » (retour au travail) de Long Covid Suisse, sur long-covid-info.ch.

Sources : Long Covid Suisse : guide « Zurück zur Arbeit », partie 1, Long Covid Suisse : guide « Zurück zur Arbeit », partie 2

Ce qui aide dans l’équipe

  • Au lieu de« Tu as pourtant bonne mine. »PlutôtCroire la personne. Chez beaucoup, la maladie ne se voit pas.
  • Au lieu de« Moi aussi, j’ai souvent des coups de fatigue. »PlutôtPrendre la personne au sérieux. La fatigue de la maladie est bien plus qu’une fatigue normale.
  • Au lieu de« C’est sûrement un burn-out. »PlutôtNe pas spéculer sur les causes. C’est une maladie physique.
  • Au lieu deCommenter les pauses ou les annulations de dernière minutePlutôtLes accepter sans commentaire. Les pauses peuvent aider à éviter les rechutes.
  • Au lieu deParler de la maladie dans l’équipe sans demanderPlutôtDemander d’abord. C’est la personne qui décide ce qu’on dit à l’équipe.

Indemnités journalières maladie et AI

Souvent, une assurance de l’entreprise verse des indemnités journalières maladie, c’est-à-dire une partie du salaire. Selon le Conseil fédéral, en cas de maladie prolongée, il est essentiel de s’annoncer tôt à l’assurance-invalidité (AI). L’AI applique le principe « la réadaptation prime la rente ».

Les évaluations durent souvent longtemps et coûtent beaucoup d’énergie. Pour beaucoup, cela devient un combat pour la reconnaissance. Avec le MPE, l’effort demandé par la procédure peut déjà aggraver l’état de santé, même durablement.

Chez les assurances et dans les expertises, les connaissances sur ces maladies manquent souvent, en particulier sur le MPE. Certaines personnes sont déclarées aptes au travail malgré un arrêt maladie.

Sources : Conseil fédéral : communiqué de presse sur le Covid long et les assurances sociales, 2025, SRF Kassensturz, 2024, Déclaration de consensus D-A-CH sur l’EM/SFC, 2024

Crois la personne, laisse-lui de la marge et soutiens-la, même si cela prend du temps.

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